Prix Laurence - Bettembourg Prix Laurence 2020 - Luxembourg
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Prix Laurence 2020

Costa Sara - Cette nuit-là





Cette nuit-là, je me souviens d’avoir ouvert la fenêtre de ma chambre avant d’aller dormir. Je ne sais plus pourquoi. Il faisait un froid intense dehors et je suis sûre qu’il neigeait ce soir-là. Je crois que je l’avais ouverte parce que comme toujours, j’adorais regarder le paysage à travers ma fenêtre ouverte avant d’aller me coucher et j’aimais bien observer mon entourage. Tous les jours il y avait des gens qui promenaient leur chien. Le gentil facteur qui déposait le courrier dans la boîte aux lettres et des enfants qui jouaient avec leur ballon pendant l’été et construisaient des bonshommes de neige pendant l’hiver. Il y avait des maisons de toutes les couleurs construites en béton. Il y avait des arbres et des forêts dans tous les coins. J’étais contente de vivre dans un quartier si beau et si calme. On arrivait même à entendre le bruit de vent et le chant des oiseaux. Souvent on entendait de loin les éclats de rire des voisins ou on voyait les amoureux s’embrasser au milieu des trottoirs. Mais sinon, la plupart du temps, tout était paisible.

 

Cette nuit-là, je me suis allongée sur mon lit et j’ai fermé les yeux, je sentais le froid envahir ma chambre. J’avais oublié de fermer la fenêtre, mais j’étais beaucoup trop fatiguée pour me relever. Donc, tout doucement, je me suis endormie en attendent le lever du jour.

Le matin suivant, en ouvrant mes yeux, j’ai regardé autour de moi et je ne pouvais pas en croire mes yeux. Ma chambre qui hier avait seulement deux fenêtres, en avait maintenant au moins cinq en plus, ce qui éclairait beaucoup plus ma chambre. Tout était blanc et en verre, les murs, la porte, mon bureau et même mes plantes...tout. Ma chambre était étrangement propre et rangée. Les posters de mes chanteurs favoris avaient disparu et je ne sais pas pourquoi je ne l’avais pas remarqué avant, peut-être parce que c’était blanc comme le reste de ma chambre, mais devant moi se trouvait un robot géant avec ses yeux en plastique fermés assis sur mon fauteuil. Je me suis levée de mon lit en croyant que j’étais en train de rêver. Mais en cognant mon pied contre une sorte d’aspirateur minuscule, j’étais sûre d’être bien éveillée. Je me suis approchée de la seule fenêtre ouverte de ma chambre pour jeter un coup d’œil dehors en essayant de ne pas toucher le robot. J’étais stupéfiée. Il faisait beaucoup trop chaud pour le mois de novembre et presque toutes les couleurs avaient disparu: les maisons étaient blanches comme la neige du toit à la porte d’entrée. Il y avait mois d’arbres qu’avant et à la place des forêts étaient encore d’autres maisons blanches construites en verre. Il y avait toutes sortes d’animaux qui couraient désespérément dans les rues à la recherche de leur habitat qu’ils avaient perdus, mais sans succès. Des robots qui ressemblaient à celui qui se trouvait dans ma chambre, se promenaient sur les trottoirs comme si de rien était. J’aperçus un ou deux humains mais pas plus et il y avait des drones qui volaient dans tous les sens avec ce qui ressemblait être le courrier dans leurs petites mains. C’était horrible, tout semblait si vide et perdu. Des bruits insupportables résonnaient dans mes oreilles sans arrêt.

Je me suis éloignée de la fenêtre pour chercher mon calendrier qui se trouvait normalement sur mon bureau. Mais tous mes papiers avaient disparu. Sur mon bureau se trouvaient seulement quelques tablettes d’une marque que je ne connaissais pas et un engin qui ressemblait à un ordinateur avec un clavier en verre et un écran invisible. Tout à coup, le robot géant se trouvait devant moi et me regardait avec ses yeux lumineux et bien ouverts: « Bonjour, mademoiselle Irina, avez-vous bien dormi? » Je ne savais pas quoi répondre, donc j’ai fait un pas en arrière et je lui ai demandé: « Peux-tu me dire la date d’aujourd’hui, monsieur le robot? » Le robot m’a souri sourit et m’a répondu: « Bien sûr mademoiselle Irina, aujourd’hui nous sommes le premier novembre « 2100. » « 2100!? » répétais-je terrifiée. « Affirmatif mademoiselle Irina. » Le jour et le mois n’avaient pas changé mais l’année était totalement fausse. J’ai ouvert la porte de ma chambre de toute mes forces. Je n’arriverai plus à respirer. La panique m’a envahie aussi vite que la peur a pris possession de mon cœur. J’ai descendu les escaliers beaucoup trop vite pour remarquer les chambres vides et les décorations modernes.

Quand je suis arrivée à la cuisine, un gros singe, qui était assis sur une chaise avec un smartphone dans sa main, m’a effrayé. « Où- où sont mes parents? » Je lui ai-je demandé en bégayant. Le singe m’a souri mais ne m’a pas répondu. « Je suis ici ma chère Irina. » C’était la voix de ma mère qui venait du jardin. J’ai regardé par la fenêtre, soulagée de l’entendre. Mais malheureusement c’était seulement un autre robot avec la même coiffure de ma mère. Je ne pouvais plus rester dans cette maison. J’avais besoin d’air frais. Donc je me suis pressée pour ouvrir la porte d’entrée mais pour mon plus grand désespoir elle était verrouillée et seulement un code, que je ne connaissais pas pouvait l’ouvrir. Deux secondes après, le robot qui se trouvait dans ma chambre, était en train d’insérer le code pour m’ouvrir la porte...comme s’il pouvait lire mes pensées.

Lorsque je suis sorti, je me suis fait presque mordre par un lion et piquer par un flamant rose en essayant de chercher des humains. Mais ils semblaient se cacher dans leurs maisons avec des armes dans leurs mains, pétrifiés. Il faisait une chaleur insupportable, c’était difficile de respirer l’air pollué. Je me sentais si seule au milieu de toute cette catastrophe.

 

J’ai pris un des journaux qui se trouvaient sur le sol et je me suis assise sur le trottoir pour le lire. Et j’ai constaté que sur presque toutes les pages ils parlaient du réchauffement climatique, de la pauvreté, des espaces d’animaux disparus et même de la fin du monde. Il y avait des articles qui voulaient convaincre les gens à ne pas avoir d’enfants, d’autres parlaient d’une pilule qui était capable de nous faire vivre pour toujours et il y avait seulement de la publicité pour la vente de robots, qui sont censés nous rendre la vie plus facile. Ce monde c’était le pur enfer et moi j’en voulais sortir à tout prix et retourner à ma vie d’avant. J’ai mis le journal de côté et j’ai commencé à pleurer. J’ai aperçu ma maison, qui était aussi blanche et moderne que les autres et j’ai remarqué que la fenêtre de ma chambre était toujours ouverte...peut-être que, cette nuit-là, j’aurais dû la fermer.

 




ageschéckt den: 16:31 Sun, 12 April 2020 vum: Costa Sara

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